Vers la fin programmée des banquiers privés suisses ?

La pression des contraintes réglementaires, prudentielles et fiscales rend de plus en plus improbable
le statut de « banquier privé ». Une disparition qui semble de plus en plus inéluctable !

Pour Grégoire Bordier, associé responsable de la banque éponyme à Genève, les six établissements bancaires, dont le sien, au bénéfice du précieux label « banquier privé »ne peuvent pas être considérés comme les derniers des Mohicans de la tradition bancaire helvétique et encore moins ses rescapés. « Les banquiers privés sont ici les vrais banquiers privés, dont le coeur de métier est la gestion de patrimoine privé. Comme leur responsabilité personnelle illimitée sur les actifs de leur banque respective les oblige à mener une gestion prudente, leurs intérêts s’alignent automatiquement sur ceux de la clientèle, laquelle les sollicite toujours autant. Là se situe l’atout-phare des banquiers privés encore à taille humaine et leur principal avantage concurrentiel, en plus de leurs compétences éprouvées en matière de gestion et de services offerts, ainsi que de leur respect de la confidentialité », nous explique celui qui cumule la présidence de l’Association des banquiers privés suisses et la vice-présidence de l’Association de banques privées suisses, toutes deux basées à Genève.

En Suisse, le terme « banquier privé » correspond à une définition stricte mentionnée dans la Loi fédérale sur les banques et les caisses d’épargne du 8 novembre 1932. Quant au statut particulier
conféré aux banquiers privés dès 1934, il se justifie par la présence dans leurs rangs d’un ou de plusieurs associés indéfiniment responsables des engagements de l’établissement bancaire, recourant à leur propre capital en cas de besoins financiers. Répondent ainsi à la marque collective « banquier privé », déposée en 1997 auprès de l’Institut fédéral de la propriété intellectuelle, des enseignes bancaires revêtant la forme juridique de la raison individuelle, de la société en nom collectif, ou en commandite. Fortes du statut de banque suisse, elles sont toutes agréées par la FINMA, l’autorité fédérale de surveillance des marchés financiers.

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