Depuis 1844, la banque Bordier & Cie accompagne familles et dirigeants d’entreprise dans la structuration et la préservation de leur patrimoine. Son directeur général en France, Christophe Burtin, revient pour Décideurs sur les évolutions récentes de son marché.

 

Décideurs. Quels sont vos défis pour les mois à venir ?

Christophe Burtin. Le marché de la banque privée a beaucoup évolué ces dernières années. Bien sûr, les évolutions réglementaires sont venues changer la donne, mais ce sont aussi les clients qui changent le visage de notre secteur. Nous devons être à même de continuer à délivrer de la performance, dans un univers de taux bas et d’actifs bien valorisés notamment sur des investissements différents des actions. Sur la partie fixed income (obligations), nous vivrons probablement quelques années compliquées dans une phase de remontée des taux. Afin de satisfaire les exigences de nos clients, nous nous sommes ainsi fortement impliqués dans la mise en place d’une gestion équilibrée plus diversifiée, d’où la montée en puissance des investissements sur des actifs non-cotés. Cela induit tout de même de devoir abandonner une partie de la liquidité dans le but de capter du rendement.

Quelle approche convient-il d’adopter dans la recherche du succès ?

Le private equity est incontestablement une nouvelle source de performance pour la clientèle des banques privées. Il convient néanmoins d’adopter une approche très vigilante sur ce type de placements. La plateforme Hermance Capital dont Bordier & Cie est actionnaire fondateur nous est très précieuse pour les due diligences et l’accès aux meilleurs fonds. Cela est vrai également concernant la dette privée que beaucoup considèrent comme une quatrième classe d’actifs. Sur un plan plus général, seule une gestion active, diversifiée, et performante, agrémentée d’une qualité de conseil juridique et fiscal haut de gamme pourront permettre aux acteurs de se démarquer. En effet, nous sommes à l’aube d’un processus un peu darwinien où la performance est clé mais pas seulement et où l’on assiste aujourd’hui à une pression sur les frais, sur les investissements IT et donc sur les marges.

Comment décririez-vous la démarche de Bordier & Cie vis-à-vis d’une jeune clientèle ?

Notre projet a toujours été, et reste, celui d’accompagner des familles à travers les générations. À travers différents cycles de formation, nous planifions de familiariser les enfants de nos clients aux enjeux de la gestion du patrimoine. Par ailleurs, l’image de notre établissement familial est aussi historiquement liée aux entrepreneurs, quel que soit leur âge, que leur activité soit traditionnelle ou issue de créations nouvelles.

 
Propos recueillis par Yacine Kadri