{"id":26322,"date":"2025-11-18T15:15:07","date_gmt":"2025-11-18T14:15:07","guid":{"rendered":"https:\/\/www.bordier.com\/?p=26322"},"modified":"2025-11-18T15:33:25","modified_gmt":"2025-11-18T14:33:25","slug":"la-chronique-patrimoniale-la-fin-de-la-valeur-locative-simplification-ou-nouveau-casse-tete-fiscal","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.bordier.com\/fr\/la-chronique-patrimoniale-la-fin-de-la-valeur-locative-simplification-ou-nouveau-casse-tete-fiscal\/","title":{"rendered":"La Chronique Patrimoniale"},"content":{"rendered":"<h2>La fin de la valeur locative : simplification ou nouveau casse-t\u00eate fiscal ?<\/h2>\n<p>Bonne nouvelle : un imp\u00f4t dispara\u00eet. Mais derri\u00e8re cette r\u00e9forme embl\u00e9matique, la simplicit\u00e9 promise cache un \u00e9quilibre fiscal bien plus complexe.<\/p>\n<p>La suppression de la valeur locative, pr\u00e9vue pour 2028, met fin \u00e0 une anomalie fiscale presque centenaire : le fait d\u2019\u00eatre impos\u00e9 sur un revenu fictif, celui que l\u2019on aurait pu toucher si l\u2019on louait son propre logement. Mais derri\u00e8re cette victoire symbolique se profile un r\u00e9\u00e9quilibrage aux effets contrast\u00e9s. Jusqu\u2019ici, la valeur locative, ce revenu th\u00e9orique, \u00e9tait compens\u00e9e par la possibilit\u00e9 de d\u00e9duire les int\u00e9r\u00eats hypoth\u00e9caires et les frais d\u2019entretien. Avec la r\u00e9forme, ces d\u00e9ductions disparaissent pour les logements occup\u00e9s par leur propri\u00e9taire.<\/p>\n<p>L\u2019objectif du nouveau syst\u00e8me est de r\u00e9duire un endettement priv\u00e9 rest\u00e9 artificiellement \u00e9lev\u00e9 \u00e0 cause des d\u00e9ductions d\u2019int\u00e9r\u00eats : les m\u00e9nages \u00e9taient incit\u00e9s \u00e0 conserver leur dette, tandis que ceux qui la remboursaient voyaient leur charge fiscale augmenter. Mais l\u2019effet d\u2019\u00e9quit\u00e9 promis semble difficile \u00e0 atteindre. Prenons l\u2019exemple d\u2019un couple lourdement hypoth\u00e9qu\u00e9 vivant dans un petit appartement \u00e0 r\u00e9nover : leur valeur locative, faible en raison de la taille du bien, ne pesait gu\u00e8re sur leur imp\u00f4t, les d\u00e9ductions pour int\u00e9r\u00eats et entretien compensant cette charge. Demain, ces d\u00e9ductions dispara\u00eetront ; leur situation fiscale risque de se d\u00e9grader, alors m\u00eame qu\u2019ils doivent encore investir dans leur logement. \u00c0 l\u2019inverse, le propri\u00e9taire d\u2019un grand appartement ou d\u2019une villa d\u00e9j\u00e0 r\u00e9nov\u00e9e, faiblement endett\u00e9 et jusqu\u2019ici fortement impos\u00e9 sur la valeur locative, b\u00e9n\u00e9ficiera d\u2019un all\u00e8gement automatique.<\/p>\n<p>S\u2019ajoute \u00e0 cela le paradoxe du remboursement de la dette. Faut-il amortir pour sortir d\u2019un syst\u00e8me devenu fiscalement moins avantageux ? Pas forc\u00e9ment. Rembourser son hypoth\u00e8que immobilise un capital pr\u00e9cieux, qui ne produit plus de revenus et pourrait \u00eatre mieux utilis\u00e9 : placements, pr\u00e9voyance ou r\u00e9serve de liquidit\u00e9s. Et lorsque les taux hypoth\u00e9caires remonteront, ce qui finira bien par arriver, les propri\u00e9taires seront pris entre le marteau et l\u2019enclume : rembourser davantage et immobiliser leur \u00e9pargne, ou maintenir leur dette et voir leurs int\u00e9r\u00eats exploser, sans plus pouvoir les d\u00e9duire.<\/p>\n<p>Au niveau f\u00e9d\u00e9ral, les nouvelles dispositions red\u00e9finissent les d\u00e9ductions autoris\u00e9es : les propri\u00e9taires de biens lou\u00e9s continueront \u00e0 d\u00e9duire les frais d\u2019entretien, d\u2019assurance et d\u2019administration par des tiers. Les int\u00e9r\u00eats passifs priv\u00e9s ne resteront d\u00e9ductibles que lorsqu\u2019ils sont li\u00e9s \u00e0 un bien immobilier situ\u00e9 en Suisse et donn\u00e9 en location. Toutes les autres dettes, cr\u00e9dits \u00e0 la consommation, cartes de cr\u00e9dit ou autres emprunts sans lien direct avec un bien locatif, ne donneront plus droit \u00e0 aucune d\u00e9duction. Cette mesure ne concernera donc pas seulement les propri\u00e9taires, mais l\u2019ensemble des contribuables, r\u00e9duisant plus largement l\u2019attrait fiscal de l\u2019endettement. Quant aux primo-acqu\u00e9reurs, ils b\u00e9n\u00e9ficieront d\u2019un all\u00e8gement bienvenu : lors de l\u2019achat de leur premier logement \u00e0 usage personnel, ils pourront d\u00e9duire jusqu\u2019\u00e0 10 000 francs d\u2019int\u00e9r\u00eats pour un couple (5 000 pour une personne seule) la premi\u00e8re ann\u00e9e, ce montant diminuant de 10 % chaque ann\u00e9e pendant dix ans. Une mesure transitoire qui att\u00e9nue, au moins partiellement, l\u2019impact de la r\u00e9forme sur les nouveaux propri\u00e9taires. Enfin, la suppression de la valeur locative met aussi fin, au niveau f\u00e9d\u00e9ral, aux d\u00e9ductions pour travaux d\u2019\u00e9conomie d\u2019\u00e9nergie. Les cantons garderont toutefois la libert\u00e9 de maintenir ou d\u2019adapter leurs propres incitations. Dans le canton de Vaud, ces choix seront d\u00e9terminants : sans soutien fiscal cibl\u00e9, les r\u00e9novations \u00e9nerg\u00e9tiques risquent d\u2019\u00eatre repouss\u00e9es, au d\u00e9triment non seulement des propri\u00e9taires mais du climat lui-m\u00eame.<\/p>\n<figure><img decoding=\"async\" style=\"object-fit: cover; width: 161px; height: auto;\" src=\"https:\/\/www.bordier.com\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/Renata_Pospisil-vignette-auteur-1-1024x1024.jpg\" alt=\"\" \/><\/figure>\n<p>Renata Pospisil<br \/>\nWealth Planner<br \/>\nchez Bordier &amp; Cie Nyon<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Retrouvez la chronique patrimoniale de Renata Pospisil parue dans le journal La C\u00f4te.<\/p>\n","protected":false},"author":30,"featured_media":24714,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_seopress_robots_primary_cat":"none","_seopress_titles_title":"La Chronique Patrimoniale","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[119],"tags":[],"news_country":[13],"news_language":[39],"class_list":["post-26322","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-news","news_country-switzerland","news_language-fr"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.bordier.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/26322","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.bordier.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.bordier.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.bordier.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/30"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.bordier.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=26322"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/www.bordier.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/26322\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":26399,"href":"https:\/\/www.bordier.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/26322\/revisions\/26399"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.bordier.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/24714"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.bordier.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=26322"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.bordier.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=26322"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.bordier.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=26322"},{"taxonomy":"news_country","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.bordier.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/news_country?post=26322"},{"taxonomy":"news_language","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.bordier.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/news_language?post=26322"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}