Choisir sans renoncer

Toutes celles et tous ceux qui le peuvent cotisent dans un 3ème pilier A, n’est-ce pas ?

Compte bancaire 3A avec libre choix de la stratégie d’investissement ou assurance mixte 3A lorsqu’une couverture invalidité/décès est nécessaire, les montants versés sont déductibles du revenu imposable. Une approche simple et nécessaire en vue du financement de la retraite.

Dans le canton de Vaud, les primes versées dans un contrat d’assurance vie mixte (capitalisation et couverture de risque invalidité/décès) 3ème pilier B ne sont en revanche pas déductibles du revenu imposable.

Je rencontre régulièrement des entrepreneurs qui ont mis en place un contrat d’assurance 3ème pilier B parce qu’ils préféraient ne pas investir davantage dans leur 2ème pilier existant.

Cette approche interpelle lorsque l’entrepreneur a un taux marginal d’imposition sur le revenu supérieur à 40 % et qu’il a souscrit un contrat 3ème pilier B proposant un rendement annuel faible. À une époque pas si lointaine, les taux d’intérêt techniques annuels, valables pendant toute la durée du contrat, étaient bas : 1 % par exemple il y a une dizaine d’années.

Ainsi, certains entrepreneurs vaudois versent parfois jusqu’à 10’000 francs par an dans un véhicule de placement intrinsèquement peu performant, mais également peu efficient d’un point de vue fiscal.

Pourquoi le chef d’entreprise n’a-t-il pas choisi de verser ce même montant chaque année dans sa prévoyance professionnelle sous la forme de rachats ? Trois raisons reviennent fréquemment :

  • La rémunération de l’épargne est perçue comme faible dans le deuxième pilier ;
  • L’argent semble peu accessible avant la retraite ;
  • Une volonté de ne pas mettre tout son effort d’épargne dans le même panier.

Des raisons suffisantes pour cotiser pendant vingt ou vingt-cinq ans dans un contrat 3ème pilier B tout en renonçant aux avantages fiscaux offerts par le 2ème pilier ?

Aujourd’hui, le dirigeant d’entreprise peut disposer de deux véhicules de prévoyance professionnelle auprès de prestataires distincts. Dans le second, il détermine sa stratégie d’investissement et bénéficie pleinement de sa performance. Il peut accéder à son avoir sous la forme d’un prêt pendant sa vie active. Sans compter qu’il bénéficie d’une couverture des risques invalidité/décès souvent moins coûteuse que celle dont il dispose dans son contrat d’assurance 3ème pilier B.

Et puis, la fiscalité n’est pas un détail. Il peut déduire de son revenu imposable les 10’000 francs précités en réalisant des rachats annuels dans ce second véhicule du 2ème pilier. Plusieurs milliers de francs d’économies fiscales peuvent ainsi être réalisés à chaque rachat.

Il ne faut pas pour autant libérer du paiement des primes, ni racheter, toutes les polices de 3ème pilier B existantes. Certaines méritent d’être conservées jusqu’à leur terme.

Il est toutefois judicieux d’envisager la souscription d’un 2ème pilier surobligatoire individualisé plutôt que de s’orienter vers une solution de 3ème pilier peu efficiente en matière de rendement et de fiscalité.

 

Alexandre Genet
Planificateur Financier
chez Bordier & Cie Nyon